Commune de Germiny

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                  Meurthe-et-Moselle

L'église Saint-Evre

Proche du château, situé entre le donjon et le château actuel, ce lieu de culte fut à coup sûr une chapelle seigneuriale. La complexité et la dissymétrie de son plan témoignent d’une histoire longue et complexe.


L’axe général de l’église est tourné vers le nord-est. Il est difficile de voir là une orientation. Par contre c’est le sens de la pente. Comme bon nombre d’églises de la côte de Moselle le cœur est dirigé vers le haut de là. Dans le cas présent cette forte pente reste sensible à l’intérieur de la nef : on monte à l’autel dans le sens le plus direct de la formule.

La partie la plus ancienne est le cœur actuel, salle rectangulaire de 5,9 X 7 m dont la voûte était contenue par quatre contreforts dans l’axe des ogives. Trois d’entre eux. Une modification ultérieure à fait disparaître la quatrième.


Une abside à cinq pans fut ajoutée au nord, ainsi qu’une salle rectangulaire à l’ouest, demi-transept ou plutôt chapelle privée du seigneur. Une nef plus étroite que celle que nous connaissons a pu exister. C’est du moins ce que suggèrent des fondations de murs observées pendant les récents travaux de restauration, à l’intérieur des murs actuels. Cette nef primitive semble avoir prolongé le cœur(largeur et orientation identiques).

Au cours d’une autre étape a pu naître la nef actuelle, large d’un peu plus de 7m. Cet agrandissement explique la dissymétrie de l’église : le mur ouest fut déplacé de 50 cm de moins que celui qui limite la nef à l’est. C’est plus tard encore que fut ajoutée la chapelle de la vierge. Cette modification exigea une complète reprise de l’angle sud-ouest du chœur et de l’angle nord-ouest de la nef. Une astucieuse colonne supporte les deux ogives et rattrape discrètement un biais qui eut été disgracieux sans elle.


L’articulation de la nef et du narthex situé à la base des cloches n’est pas évidente. Nous pouvons penser que le clocher que nous connaissons est contemporain de la dernière nef.


Le petit bâtiment qui prolonge l’église au-delà de l’abside est une addition tardive maladroitement greffée sur les deux contreforts les plus septentrionaux. Il a imposé de murer la fenêtre gothique de l’axe de l’édifice.

Cette ouverture faisait partie d’un bel ensemble de sept fenêtres dont les remplages dessinaient des réseaux tous différant mais d’une unité de style indiscutable. La partie basse des ouvertures est composée de deux panneaux lancéolés ou en anse de panier. Le sommet ogival est occupé par divers décors en flamme, triskéle, trilobe, quadrilobe, etc., conçu de style gothique assez sobre et classique. On peut y voir une étape de la décoration de l’édifice mais il est difficile d’en tirer une chronologie absolue.  


A la révolution la porte de la chapelle des comptes fut murée.


Au XIXième siècle les habitants entreprirent une vaste campagne de rénovation. Des stalles néogothiques occupèrent l’abside. Elles furent bientôt cachées derrière un hôtel de style néobaroque que Monseigneur Turinaz, évêque de Nancy, inaugura en 1892.C’est de cette fin du siècle que datent tous les travaux intérieurs : bancs, boiseries, vitraux(datés de 1890 à 1894).


L’église est dédiée à Saint-Evre, mais depuis 1681 les paroissiens firent partie d’une confrérie Notre Dame du Mont Carmel. Ceci explique la date de la fête au village(20 juillet) et la présence d’un vitrail de Notre Dame à gauche de la nef(1893). Une grande statue mariale fut par ailleurs érigée sur la façade du clocher vers 1900-1902.


En fait de date nous disposons encore de peu certitudes. En 1595, Evrard de Haraucourt donne aux villageois le cœur droit de l’église et le cimetière. Ceci permet de penser que les paroissiens, comme c’était souvent le cas, etaient déjà possesseur de la nef et qu’un clocher existait. Peut être l’église était-elle peu ou prou de celle que nous avons aujourd’hui sous les yeux.


Les fenêtres de l’abside, du cœur et de la chapelle seigneuriale sont d’un style proche de celui du XVième siècle. On sait aussi que se trouvait encore dans la nef du XIXième siècle un tombeau des années 1450. Mais la nef actuelle passe pour être du XVIième siècle. Cela renforce l’idée de deux nefs successives.


La construction de la chapelle de la vierge est antérieure à 1768 puisqu’il existe alors deux chapelles dans l’église, celle ci consacrée à Saint Jacques, la chapelle seigneuriale dédiée à Saint Christophe.